L’assemblée vote une mesure contre les violences corporelles

Dans la nuit de vendredi à samedi, l’assemblée a voté contre les violences corporelles faites aux enfants lors de l’examen du projet de loi Égalité et citoyenneté. Trois députés socialistes ont proposé cet amendement qui devra maintenant passer au Sénat pour être mis en place.

Une nouvelle mesure, pourquoi ?

Il y a trois ans, une campagne choc inondait nos écrans, montrant l’intensité d’une gifle au ralenti (relire : Une campagne choc pour sensibiliser les parents à la violence d’une gifle). Un acte anodin pour les adultes, même si la culpabilité s’y mêle un peu, mais un acte jamais bénin pour les enfants. De sensibilisations en accompagnements, la France semble pourtant manquer de pédagogie sur ce sujet si sensible.

Au début de cette année 2016, l’ONU réclamait l’interdiction des châtiments corporels en France, estimant les efforts du pays sur ce sujet central insuffisants, contrairement aux mesures prises par ses voisins européens (relire : L’ONU réclame l’interdiction des punitions corporelles en France). Cette mesure entre dans une nouvelle phase de prévention à la violence faite aux enfants.

Quelles sanctions pour les parents ?

Cette mesure n’est que civile, c’est à dire que la fessée ou la gifle n’entraîneront aucune sanction pénale hors celles qui existent déjà. En effet, les sanctions pour maltraitance existent dores et déjà au pénal, avec circonstances aggravantes pour les personnes ayant autorité.

Olivier Maurel, président de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire précise pourtant que les circonstances peuvent aller en défaveur de l’enfant dans le cadre de la jurisprudence, au nom d’un « but pédagogique » qui atténuerait déjà les sanctions dans les tribunaux. Dr Lazimi dit quant à lui : « C’est admis en France depuis des millénaires qu’on peut frapper les enfants. Désormais, on dira clairement que tout coup porté à un enfant est une violence dont on ne doit pas user au sein de la famille : grâce à la loi, on va faire bouger la tolérance de la société« . Merci à Alif Lam Mim pour cet article, je vous invite à vous rendre sur son site internet de librairie Musulmane.

D’autres craignent des dérives, comme Bernard Golse, pédopsychiatre à l’hôpital Necker estimant que « C’est de la démagogie sécuritaire pour se donner bonne conscience. Comment trouver la frontière entre une fessée grave, qui relève de la maltraitance déjà interdite par la loi, et une petite tape punitive ? Où on met le curseur ?!« . Selon Olivier Maurel, « Il faut expliquer aux parents qu’on peut avoir de l’autorité sans passer par la violence« , qui a « des conséquences sur le stress, la scolarité, la perte d’empathie… Une claque par exemple, provoque de la sidération, interrompt le développement neuronal« .

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